Un échange autour de la participation consciente !

La participation consciente, qu’est-ce que c’est ?

La participation consciente est un des éléments du modèle économique de PorteurEs d’Eau. Elle est la valorisation en euro de la prestation ou de l’intervention vécue. Mais pas seulement !

  • C’est la somme en euro que vous donnez en conscience pour ce que vous avez vécu et en fonction du soutien que vous souhaitez apporter à la rémunération, c’est-à-dire le salaire, du ou des intervenants. Elle est obligatoire, mais aucun prix n’est exigé ou proposé.
  • Elle fait toujours l’objet d’un temps de partage et d’explication en groupe pendant l’intervention.
  • La remise se fait à la fin de la session dans une enveloppe de façon non anonyme, mais sans justification du don réalisé.

Qu’en disent les PorteurEs d’Eau ?

Marc : La participation consciente est née « d’une expérience » initiée à la Réunion par Laurent van Ditzhuyzen, où il s’est aperçu que la population locale ne venait pas en stage à cause de la question du prix. En revenant en France métropolitaine, il institue cette démarche en même temps qu’il lance l’Université du Nous.

La participation consciente, traduit en euro un échange de service et ce n’est donc que la partie visible de l’iceberg ! Il y a un échange dans les deux sens : ceux qui reçoivent et ceux qui donnent.

Nous avons aussi expérimenté la nourriture et l’hébergement en participation consciente et c’est aujourd’hui juste. Je trouve que ce « modèle » (qui n’est pas une solution absolue et qui a aussi ses défauts) peut avoir sa place à PorteurEs d’Eau.

Maryno : Les première fois que j’ai pratiqué la participation consciente, j’ai été invitée à regarder mon besoin de sécurité. Je ne savais pas du tout combien j’allais gagner d’argent pour ce temps d’accompagnement. J’ai dû travailler mes peurs pour m’abandonner à la confiance, et pour véritablement faire confiance aux personnes.

J’avais peur de me faire avoir et que les participants essaient de moins payer parce qu’il n’y a pas de prix imposé et que par conséquent mon travail ne soit pas valorisé.

Et je me suis aperçu que tout ça c’était mes fantasmes. À partir du moment où l’on présente la participation consciente, qu’on engage une réflexion sur l’argent, ça se fait facilement d’une façon plus fluide et plus juste.

Lucy : Il y a quelques années, je me suis dit « Tiens je vais transposer ça dans mes consultations de praticienne en mémoire cellulaire », alors je ne le fais pas avec tout le monde car pour certaines personnes la priorité n’est pas là, ça rajouterait une question de plus et ça ferait trop dans tout ce qu’il y a à démêler.

J’ai reçu à un moment donné une femme, et j’ai demandé à cette femme ce qu’elle voulait partager en participation consciente et elle m’a donné 5€ et j’ai vraiment eu l’impression que c’était beaucoup pour elle. Elle vivait dans un lieu désaffecté, il n’y avait pas d’eau. Et on a fait tout un travail sur deux ans, pour qu’elle puisse se réinsérer et trouver du travail, qu’elle arrête l’alcool et la drogue et qu’elle puisse se réveiller le matin, aller au boulot.

Ça a abouti au fait qu’elle quitte ce lieu insalubre pour une vraie maison. Et un jour, elle est arrivée en consultation toute fière et elle m’a dit « Lucy ! Maintenant je peux te donner 10€ ».

Même encore aujourd’hui, je suis émue en racontant cette histoire. Si j’avais donné un tarif, je n’aurais jamais pu travailler avec cette personne-là.

Maryno : Ce qui me frappe beaucoup dans ce que tu dis, qui conforte beaucoup mon expérience c’est qu’on « ne décide pas à la place de l’autre ce qui est bon pour lui ! »

Thierry : De mon expérience, on parle d’amour avec ce donner/recevoir. Si je remonte à l’origine de la participation consciente, ce qui fait le plus sens, c’est l’ouverture du robinet. C’est-à-dire, la vanne s’ouvre et tout le monde peut venir, participer, participer à une prestation ou à un groupe, parce qu’il n’y a pas de ségrégation liée au tarif qui dit : « Pour toi, c’est pas possible ».

Je suis toujours très heureux de pouvoir dire à quelqu’un « ça coûtera ce que tu as envie que ça coûte » lorsqu’on me demande le prix d’une semaine de jeûne. Je trouve ça merveilleux. Ça donne de l’accessibilité.

Il y a quelque chose qui est, pour moi, très nourrissant : c’est la confrontation que je suis amené à faire avec ce que je suis au moment où je découvre la participation de chacun. Je la reçois avec présence et sans jugement. C’est très difficile car c’est un gros changement de paradigme. Et si je me retrouve en train de juger ce qui a été donné, j’ai la possibilité de me dire « Attention, pas de jugement, la participation consciente n’est pas l’ouverture d’une enveloppe mais l’addition de toutes les enveloppes ». Et c’est juste parce que chacun a participé avec ce qu’il était au moment où il l’a fait.

Dessin par I.C.I.S revisité par PorteurEs d’Eau

Hedwige : J’ai pratiqué la participation consciente en consultation de mémoire cellulaire, dans le cadre de porteurEs d’Eau. Je présentais le processus à la fin de la première consultation, lorsque j’avais compris que les personnes galéraient pas mal ou que c’était compliqué financièrement dans leur vie.

Et c’était quelquefois très juste de faire cette proposition, mais parfois pas. Alors, je me suis interrogée là-dessus, on en a aussi beaucoup parlé avec Lucy. Et je me suis rendu compte que de temps en temps, je n’accordais pas suffisamment d’estime à mon travail. Je n’étais donc pas assez moteur de la participation consciente de l’autre. Les personnes me donnaient alors seulement 5 ou 10 € pour une heure et demie de travail et ce n’était pas juste pour moi compte tenu des activités payantes que la personne s’offrait par ailleurs. Étrangement, ça a évolué au cours de la pratique et ça s’est beaucoup mieux ajusté.

En résumé, je suis pour ce modèle qui peut révolutionner l’économie. Mais en ce qui me concerne, je dois prendre des précautions à la manière dont je me considère. C’est donc aussi un processus de changement intérieur exigeant.

Sylvie : Ce que je retiens dans ce que tu viens de dire Hedwige, c’est le mot « processus ». Pour moi, la participation consciente, ça n’est pas le modèle économique point barre ! C’est un processus de compréhension, d’apprentissage, de pratique, etc. Et s’il est mené dans la profondeur, cela va avoir des conséquences qui sont tout ce que vous avez évoqué.

Il y a une autre chose que je retiens, c’est d’expliquer ce qu’il y a en jeu : c’est quoi les frais de cette session ? Mais en même temps, sans dire aux gens « on va être mal si tu ne participes pas à la hauteur des dépenses » donc c’est compliqué. Et je suis fréquemment interpellée par des gens qui disent « je ne sais pas, je n’y arrive pas ! ». Et vous l’aviez évoqué une fois, une personne avait trop donné dans un élan de générosité, elle avait surestimé sa participation et était retournée vous voir et vous aviez réajusté.

Ce qui me paraît fondateur dans ce fonctionnement, c’est que je ne sais pas pour l’autre, quand je propose une fourchette, je me projette pour l’autre ; dans cette participation consciente l’autre est maître de son choix, ça change tout, même si tous nous devons apprivoiser ce système.

Ce qui était vraiment important, pour moi, était de repérer que ce que j’allais recevoir dans une session proposée par PorteurEs d’Eau, eh bien c’est 100% de l’écosystème PorteurEs d’Eau que je reçois. C’est le bonheur de cheminer avec vous depuis des années, d’inventer de nouvelles propositions, d’accueillir Corie et Manon. C’est la possibilité de proposer des choses où justement l’argent en euros est un des éléments du tout. J’ai une telle gratitude dans tout ce que je vis dans PorteurEs d’Eau dont la participation consciente. Merci infiniment à la richesse de cette loi de l’abondance qui dit « si tu y vas en confiance, tu marches sur le vide, ça va t’être donné » et moi j’ai fait ce chemin et découvert que ça m’est donné en euros et dans ce qui m’habite au plus profond de moi : la magie de la vie.

Thierry : Si je ne suis pas suffisamment à l’aise avec la participation consciente car j’ai choisi d’accueillir les gens dans un lieu qui a un coût et je crains de ne pas pouvoir l’assumer, mes doutes vont transparaître dans ce que je vais partager au groupe.

J’ai donc deux solutions : soit je prends le risque, soit je ne le prends pas et je dis : « Pour l’hébergement, c’est tant d’euros, pour la nourriture, c’est tant et l’animation est en participation consciente ». Ça permet d’enlever un peu de pression. Et la fois d’après, je peux éventuellement passer à l’étape suivante.

Marc : J’ai envie de boucler avec le lien : confiance et conscience. S’il n’y a pas de confiance, le modèle économique de la participation consciente ne peut exister. Donc est-ce qu’on peut mettre les personnes en confiance pour donner en conscience ?

Donner naissance à la participation confiante en conscience !

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